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Libye : dynamiques internes et influences externes

La vacance institutionnelle libyenne

Le gros problème de la Libye est son héritage institutionnel encombrant. Pendant plus de quarante ans, depuis le coup d’État qui a renversé la monarchie en 1969, la seule institution libyenne au centre du pouvoir était incarnée par « les hommes de la tente ». Par ailleurs, on se souvient qu’en décembre 2007, M. Kadhafi s’était déplacé à Paris avec sa propre tente qui résume à elle seule le centre du pouvoir. Ainsi, il paraît difficile d’imaginer un semblant de transition politique quand ce pays ne dispose pas de la moindre administration dans le sens noble du terme, ou des institutions régaliennes (armée, justice…) à qui confier la tâche de gérer le destin national. On a donc inventé à la hâte le Conseil national de transition (CNT), dirigé par un ancien ministre de la justice sans expérience et sans ambition politique qui a fait ce qu’il pouvait avec les moyens dont il disposait.

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Qatar, l'offensive stratégique


Géoéconomie n°62, Été 2012
Qatar, l'offensive stratégique



Sommaire:
ENTRETIEN: Paris-Doha, une « relation spéciale », Jean Christophe PEAUCELLE

DOSSIER: Qatar, l'offensive stratégique

I Le Qatar à la recherche d'une influence internationale:
- Qatar : une voie singulière, Hasni ABIDI
- La politique étrangère qatarie : de l’intermédiation à l’engagement, Jean Sylvestre MONGRENIER
- Le marché qatari, une opportunité pour les investisseurs étrangers ? Pascal DEVAUX
- Le Qatar : un paradoxe géopolitique et une anomalie géoéconomique, David RIGOULET-ROZE

II Les instruments de l'influence:
- La diplomatie sportive du Qatar, instrument d’une nouvelle notoriété internationale, Jérôme CHAMPAGNE
- Le gaz naturel, instrument de la stratégie de puissance qatarie, Jean-Pierre SERENI
- Les quatre vies d’Al Jazeera, Théo CORBUCCI
VARIA
- Ouverture des marchés cinématographiques et remise en cause de la diversité des expressions culturelles, Antonio VLASSIS
- Le lobbying, un métier encore en devenir dans une France rétive au dialogue avec la société civile, Emmanuelle GARAULT - Géry LECERF

ISBN : 9782362590405
Paris, Choiseul, 2012. 120 pages, 15,5 x 24 cm, broché.

Livre

Sept mots-clés méconnus pour mieux comprendre l'islam

Book cover: Sept mots-clés méconnus pour mieux comprendre l'islam par

Testez vos connaissancesUn petit lexique sort en librairie. Il clarifie tous ces termes qui inondent les médias. Et en révéle d’autres.

«Petit lexique pour comprendre l’islam et l’islamisme.» Tout simplement. C’est sous ce titre que paraît cette semaine un précieux ouvrage publié par l’éditeur Erick Bonnier, sous la direction de l’universitaire genevois Hasni Abidi, chercheur au Global Studies Institute. Djihad, fatwa, talibans, wahhabisme, mais aussi Daech ou encore Boko Haram... «Au-delà des controverses et des polémiques», le politologue entend clarifier les mots de l’islam. Parce que «les amalgames et les déformations (...) ne font qu’amplifier l’incompréhension, les clichés et le repli.» En voici sept, de ces mots, très largement méconnus, qui illustrent pourtant la grande complexité de cette religion.

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Lectures croisées d’un monde arabe en bouleversement

Book cover: Lectures croisées d’un monde arabe en bouleversement par

Lectures croisées d’un monde arabe en bouleversement

Farida Belkacem
Chercheur à l’IRIS

Le manifeste des Arabes / Hasni Abidi. Encre d’Orient, 2011, 102 p. Le monde arabe dans la longue durée / Samir Amin. Le temps des cerises, 2011, 249 p. Renaissances arabes. Sept questions clés sur des révolutions en marche / Michaël Béchir Ayari, Vincent Geisser. Les éditions de l’Atelier, 2011, 160 p


Le monde arabe « possède une cohérence historique et culturelle renforcée par une langue commune et une religion dominante. Cet ensemble géopolitique, n’est pas homogène, il offre une mosaïque culturelle, ethnique et confessionnelle. Il présente une disparité économique et est traversé par une diversité politique et institutionnelle [...] »[1][1] Hasni Abidi, Le manifeste des Arabes, Paris, Encre d’Orient,...

Depuis décembre 2010, cette région connaît ce qu’il est devenu commun d’appeler les « Printemps arabes », désignant les mouvements de contestation qui débutent en Tunisie, à la suite de l’immolation d’un jeune chômeur pour protester contre la précarité et l’absence d’horizon, et vont se répandre dans les autres pays de la région.

Ces soulèvements ont démontré que dans le monde arabe de véritables forces d’opposition ont émergé, et exigent des changements radicaux. Ils semblent donner un nouveau souffle à l’idée de démocratie, mise à mal par l’utilisation dévoyée qu’avaient pu en faire ces dernières années les puissances occidentales. Mais ces soulèvements sont aussi porteurs, depuis leur départ, de nombreuses incertitudes, concernant leur impact sur les sociétés arabes mais aussi sur les rapports de force mondiaux.

Cette lecture croisée de trois ouvrages publiés à la suite des soulèvements a pour objectif d’aider à la compréhension d’un monde arabe en transition. Le manifeste des Arabes est un ouvrage de Hasni Abidi, politologue, directeur du Centre (CERMAM) à Genève et chercheur invité à l’Université de Paris 1 Sorbonne. Le monde arabe dans la longue durée est rédigé par Samir Amin, économiste, directeur du Forum du Tiers monde à Dakar. Enfin, Renaissances arabes, sept questions clés sur des révolutions en marche, a été co-écrit par Michaël Béchir Ayari (chercheur associé à l’IREMAM – Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman) et Vincent Geisser (chercheur à l’Institut français du Proche-Orient et président du Centre d’information et d’étude sur les migrations internationales – CIEMI). La confrontation de leurs approches nous permettra de faire le tour des enjeux majeurs de ce monde arabe[2] .

A l’origine des soulèvements arabes…

Les États-nations modernes arabes sont marqués par la corruption, le néo-patrimonialisme, la violence et la répression. Le tableau est encore plus sombre dans les États rentiers arabes qui exercent un contrôle sans partage sur leur société. Celle-ci, n’étant pas soumise à la fiscalité, ne peut en effet prétendre à une véritable représentation. Or, rappelle Hasni Abidi, les sociétés arabes ont un long passif de révoltes et d’émeutes, qui n’ont eu pour effet que de renforcer les dirigeants. Les revendications sociales, pour se donner une chance d’aboutir, s’étaient ces dernières années complètement déconnectées du politique. Mais les soulèvements qualifiés de « Printemps arabes » – dont les revendications concernent l’emploi, les salaires, la lutte contre la corruption, la soif de dignité et de démocratie – vont venir rompre avec cet engrenage.

À cet égard, le sous-titre de l’ouvrage de Samir Amin est révélateur : « Le “printemps” arabe ? ». L’auteur est très circonspect dans sa lecture des évènements. Il explique que le monde arabe appartient à la périphérie dominée du système capitaliste/ impérialiste. Dans cette situation, la croissance des pays arabes était vulnérable et les pays ont vu augmenter les inégalités et le chômage, à tel point que le système devait in fine exploser. Mais ce que l’on a vu se produire dans le monde arabe est avant tout une révolution anti-impérialiste, mais pas encore – même si potentiellement – anti-capitaliste.

V. Geisser et M. B. Ayari proposent quant à eux de considérer que, « au lieu de permettre l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle classe facilitant la domination d’un nouveau mode de production, ces mouvements viseraient à normaliser le système capitaliste. Sur le plan économique, écrivent-ils, cette normalisation viserait à éliminer la figure du rentier, parasite et racketteur. Sur le plan politique, elle tendrait à détruire les vestiges des partis uniques ou hégé-moniques » (p. 20). Ils réfutent l’idée de révolutions qui seraient le fruit d’une évolution démographique et culturelle dont le but serait le libéralisme. « La revendication démocratique n’est pour l’heure que l’ersatz d’un nouveau rapport au politique qui se cherche encore […]» (p. 125).

En tout état de cause, ces soulèvements s’inscrivent dans une perspective mondiale. S. Amin rappelle ainsi les tentatives, au sein des pays émergents, mais jusque dans les centres impérialistes, de se dégager du joug de la mondialisation. V. Geisser et M. B. Ayari identifient des matrices des soulèvements qui ne sont pas circonscrites au monde arabe : « émergence des sociétés civiles dans l’espace politique, perte d’influence relative des Occidentaux, crise de rendement du capitalisme mondial » (p. 15). Les « Printemps arabes » doivent donc être replacés dans un contexte généralisé de remise en cause des gouvernants, des partis politiques, des élites et des diktats des institutions financières internationales.

Le rôle de l’Occident

Les auteurs pointent la duplicité coutumière de l’Occident à l’égard du monde arabe. H. Abidi rappelle qu’au nom d’intérêts stratégiques, de contrôle des ressources et de leur hantise de l’islamisme radical, les puissances occidentales n’ont pas hésité à soutenir, renforcer et légitimer des dirigeants corrompus (p. 75). D’où les doutes inévitables sur les motivations qui ont poussé l’OTAN (Organisation de traité de l’Atlantique Nord) à intervenir en Libye. Même si, commente l’auteur, « Au nom du principe de la non-ingérence, fallait-il laisser Kadhafi réprimer le soulèvement ? Assurément non. » (p. 84).

Pour S. Amin, les objectifs se profilant derrière cette intervention ne font aucun doute : prendre le contrôle des ressources libyennes et acquérir une base militaire dans le pays. Il dénonce sévèrement l’argument marketing majeur de l’Occident : la promotion de la démocratie. En réalité, l’objectif est « d’imposer aux pays réfractaires l’économie de marché » ouverte et intégrée dans le système mondial dit libéral, en réalité impérialiste » (p. 154). Une véritable démocratie ne se limite pas à la tenue d’élections.

Mais quel a été le rôle de l’Occident dans le déclenchement des soulèvements et dans leurs évolutions ? Si pour H. Abidi « Les populations arabes agissent seules et exigent la chute des régimes en place » (p. 20), cette assertion est loin d’être partagée par S. Amin. Il rappelle que le monde arabe, pourvoyeur de pétrole et base stratégique prioritaire, constitue un enjeu majeur aux yeux des États-Unis, décidés à prendre le contrôle militaire de la planète, pour mieux s’assurer celui des ressources. Or, l’implantation de gouvernements véritablement démocratiques dans la région (et non les simulacres de démocraties, telles qu’on les a vus se multiplier en Asie ou en Afrique) impliquerait la remise en cause de l’alignement sur le libéralisme économique et sur la politique étrangère occidentale. Pour s’en prémunir, les États-Unis ont donc depuis longtemps fait prospérer un islam politique de soumission, car « les deux discours du capitalisme libéral mondialisé et de l’islam politique ne sont pas conflictuels mais au contraire parfaitement complémentaires » (p. 117). En effet, « l’idéologie islamiste […] n’imagine guère un système économique autre que celui du marché en place, encore faut-il préciser dans une version misérable » (p. 237).

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La démocratie athénienne, une affaire d’oisifs?

Saber Mansouri

André Versaille

Book cover: La démocratie athénienne, une affaire d’oisifs? par Saber Mansouri

Remettre l’Athénien et l’autre – esclave, affranchi, étranger, métèque, femme – au travail et au cœur du jeu politique de la démocratie athénienne classique est sans doute une idée scandaleuse aux yeux de Platon, et des historiens modernes fascinés par la voix philosophique atemporelle du Maître, celui qui rédigea La République, Les Lois et Le Banquet. Et pourquoi ?

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The Conquest of Muslim Hearts and Minds? Perspectives on U.S. Reform and Public Diplomacy Strategies

Dr Abdelwahab El-Affendi

The Saban Centre for Middle East Policy at the Brookings Institution, Washington, 2005

Book cover: The Conquest of Muslim Hearts and Minds? Perspectives on U.S. Reform and Public Diplomacy Strategies par Dr Abdelwahab El-Affendi

Ce document de travail rédigé par le Dr Abdelwahab El-Affendi dans le cadre du Brookings Project on US Policy Towards the Islamic World examine la stratégie et les résultats de la campagne menée depuis 2001 par les Etats-Unis auprès des opinions publiques du monde musulman, parallèlement à la mise en œuvre de leur « projet de grand Moyen-Orient ». L’auteur se penche en particulier sur les conséquences de la fausse identification entre terrorisme, antiaméricanisme et islamisme, qui demeure à l’origine de la politique de communication américaine et qui a suscité une « guerre des idées » plutôt qu’une prise de conscience politique. En analysant les relations entre islam, terrorisme, masses et Etats, M. El-Affendi montre qu’il y a en fait instrumentalisation du discours religieux et de la symbolique religieuse par les groupes armés, et souligne le caractère politico-nationaliste d’une violence facilitée, essentiellement, par l’existence d’Etats « faibles » ou à la légitimité contestée.

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Le Kama-Sutra arabe. Deux mille ans de littérature érotique en Orient

Malek Chebel

Pauvert, 2006

Book cover: Le Kama-Sutra arabe. Deux mille ans de littérature érotique en Orient par Malek Chebel

Malek Chebel est connu pour sa grande connaissance du monde islamique. Auteur de nombreux ouvrages, dont le Dictionnaire amoureux de l'Islam (Paris, Plon, 2004), il s'attaque aujourd'hui à un sujet a priori sensible, celui de la littérature érotique en Orient.

Le Coran codifie les relations matrimoniales et n'incite pas - comme le dit joliment Malek Chebel - à la gauloiserie, à une ou deux belles exceptions près, comme celle de la sourate de Joseph (chap. XII). Pourtant, l'auteur rappelle que la culture arabe bénéficie d'une longue tradition sur le désir, l'érotisme et la sexualité. La terminologie érotique est relativement jeune, mais « l'obsession est plus ancienne ». L'Orient est un monde sensuel, voluptueux, et la langue arabe le reflète. « Sois ivre d'amour. Tout est amour », écrit Djalal Ud-Din Roumi, grand mystique musulman, au XIIIe siècle.

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Lettre du CERMAM n°14

le CERMAM

Book cover: Lettre du CERMAM n°14 par le CERMAM

Sommaire:

Point de vue
La guerre du Liban

Regards croisés
Une paix fragile

Zoom
Qatar: US-Islamic Forum

Portrait
Hassan Nasrallah, un imam très charismatique

Note de lecture
Deux mille ans de littérature érotique en Orient

Pensée grecque, culture arabe

Dimitri Gutas

Aubier, Paris, 2005

Book cover: Pensée grecque, culture arabe par Dimitri Gutas

« La traduction est toujours une activité culturellement créative, autant que la composition d’ouvrages ‘originaux’ ». Le livre de Dimitri Gutas souligne les relations étroites entre le mouvement de traduction du grec à l’arabe, qui se manifeste principalement à Bagdad sous le règne des Abbassides (du VIIIe au Xe siècles), et l’épanouissement de la philosophie et de la science arabes.

A travers un voyage de deux siècles au cœur du califat et de la société abbassides, l’auteur montre comment les traductions répondaient à des besoins réels et urgents pour l’empire pendant sa période de fondation et de consolidation, et présente les conditions sociales, politiques et scientifiques qui ont favorisé cet essor. La fondation d’une nouvelle capitale à Bagdad par une dynastie nouvelle entraîna pour celle-ci la nécessité de se doter de connaissances dans tous les domaines scientifiques (mathématiques, médecine, astronomie,...), ainsi que dans les domaines de la philosophie, de la logique, de la dialectique et de l’administration.

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Al-Jazeera. How Arab TV News Challenged the World

Hugh Miles

Abacus, Londres, 2005 | Amazon (uk)

Book cover: Al-Jazeera. How Arab TV News Challenged the World par Hugh Miles

La chaîne satellitaire arabe Al-Jazira à été controversée dès son lancement. Cette controverse tient à la liberté d'expression qu'elle s'est octroyée et qui dérange tant l'Occident que le Moyen-Orient, et aussi à ses liens avec certains réseaux d'information, considérés comme peu clairs et peu légitimes. Les accusations contradictoires lâchées régulièrement à son encontre soulignent d'une façon assez frappante la difficulté qu'il y a à la définir et à la situer, et qui crée un soupçon généralisé.

Hugh Miles retrace la montée en puissance de la chaîne en la situant avant tout dans le contexte politique, économique et social du Qatar, et par rapport aux idées progressistes de son émir. L'auteur rappelle et examine de manière complète toutes les difficultés qu'Al-Jazira a rencontrées et rencontre toujours sur sa voie, en révélant des aspects - d'ordinaire cachés - de sa gestion et de sa pratique du journalisme. On arrive par exemple à s'orienter, grâce à un éclairage détaillé, parmi les mécanismes et les principes du marché de la publicité – et des revenus financiers qu'elle procure – au Moyen-Orient.

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Sardines and Oranges. Short Stories From North Africa

Peter Clark

Banipal Books, Londres, 2005 | Amazon (uk)

Book cover: Sardines and Oranges. Short Stories From North Africa par Peter Clark

Ce recueil de contes bénéficie de l'expérience précieuse de Banipal, éditeur de littérature arabe contemporaine traduite pour le lecteur anglophone. Cette adaptation n'empêche pas les 26 histoires d'auteurs nord-africains et arabes (Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte et Soudan) d'évoquer atmosphères, paysages et rythmes de vie typiques. A travers le regard désenchanté des personnages, le lecteur est entraîné dans leur vie quotidienne et dans leur lutte pour la survie. Que les auteurs évoquent une enfance dure ou qu'ils décrivent un présent confiné, les récits se déroulent autour des souvenirs d'une existence difficile, tristement dominée par la violence familiale ou par la pauvreté – souvent par les deux –, dans un contexte marqué par les suites de la colonisation et ses conséquences directes ou indirectes sur les conditions de vie du pays où l'action se situe et de sa population, ou par de nombreuses injustices sociales. Les tentatives de défense ou de définition de l'identité des personnages deviennent un motif central du recueil, dont le fil directeur est constitué par la solitude intérieure et l'aliénation.

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The Insider: Trapped in Saddam's Brutal Régime

Dr Ala Bashir

Abacus, Londres, 2005 | Amazon (uk)

Book cover: The Insider: Trapped in Saddam's Brutal Régime par Dr Ala Bashir

"Mon amour pour mon pays était beaucoup plus fort que mon aversion pour le régime de Saddam…" C'est pour cette raison que le Dr Ala Bashir, peintre et sculpteur renommé, ancien médecin personnel de la famille de Saddam Hussein, n'a jamais abandonné Bagdad. Au fil de cet amour et de cette loyauté, l'auteur nous conduit à travers l'histoire des vingt dernières années de l'ancien régime irakien.

D'une plume compatissante, le Dr Bashir raconte cette histoire à l'aide de ses carnets, qu'il a longtemps dissimulés. C'est la vie quotidienne des nombreuses personnes qu'il a croisées. S'y mêlent coups d'Etat, violence, épurations, guerres, répressions, peur, pauvreté, sanctions. Le lot des Irakiens pendant des années, en particulier sous la dictature de Saddam, bien que les souvenirs et les récits d'Ala Bashir remontent jusqu'à l'époque de la Monarchie.

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L'islam, la République et le monde

Alain Gresh

Fayard, Paris, 2004 | Amazon (fr)

Book cover: L'islam, la République et le monde par Alain Gresh

L'avenir de la France est aussi en jeu. La division entre « Français de souche » et immigres musulmans, la peur irrationnelle que provoquent les nouvelles « classes dangereuses », l'invention d'un « ennemi intérieur » propre a souder la nation comportent un risque de guerre civile « ethnique », d'oubli des différences sociales au profit des distinctions religieuses. -- Alain Gresh

Après les débats passionnes qui ont secoue l'opinion publique et la scène politique française sur la question du voile a l'école et la quasi-unanimité qui s'en est dégagée, Alain Gresh se penche, dans son dernier livre, sur le thème de l'islam en France.

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Cradle of Islam: The Hijaz and the Quest for an Arabian Identity

Mai Yamani

I.B. Tauris, London, 2004 | Amazon (uk)

Book cover: Cradle of Islam: The Hijaz and the Quest for an Arabian Identity par Mai Yamani

La tragédie du 11 Septembre a amené un regain d'intérêt pour la politique étrangère des pays arabes et de l'Arabie Saoudite en particulier. Quant à la question de la démocratisation du Moyen Orient, c'est plutôt sur le plan interne qu'elle alimente les débats. Il importe donc d'essayer de comprendre les défis auxquels cette région se trouve confrontée aujourd'hui et qui, plus ou moins directement, détermineront la voie que prendront les réformes et le rythme de leur réalisation. Cradle of Islam présente un portrait articulé d'une frange peu connue de la société saoudienne et contribue ainsi à une interprétation plus approfondie de l'évolution du pays.

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Ramon Llull, mystique de la conciliation

Raymond Lulle

Cerf | Collection Sagesses chrétiennes, 1993 | Amazon (fr)

Book cover: Ramon Llull, mystique de la conciliation par Raymond Lulle

Comme son contemporain Dante, il a fondé une langue moderne avec sa plume. De plus, il a été un écrivain prolifique en deux langues anciennes, sacrées et savantes, qu'on ne trouve pas souvent dans l'œuvre d'un même auteur. Ramon Llull, ou Raymond Lulle, est cet oiseau rare qui s'est exprimé aussi bien en catalan, en latin et en arabe. Naturellement, il lisait aussi l'hébreu : ses écrits nous le montrent familier du Talmud et de la Kabbale. Llull aimait faire l'original. Né en 1233, il a vécu jusqu'en 1316, à une époque où les octogénaires ne couraient pas les rues. La première partie de son existence a été celle d'un courtisan au service des rois d'Aragon. Vers la trentaine, il renonce à sa position sociale, jette ses richesses aux orties, rejoint le tiers-ordre franciscain : bref, il devient mystique. Mystique et hyperactif (ce qui n'est pas incompatible). Désormais, il va sillonner la Méditerranée pour gagner princes et pontifes à sa cause, fonder une école de langues, écrire des centaines d'ouvrages, touchant à tous les domaines : poésie, philosophie, théologie, politique…

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Notes de lecture

Monarchies et sociétés d’Arabie. Le temps des confrontations

La "voile" du Burj-al-Arab qui, comme un mirage, se gonfle au vent des Émirats, ou le célèbre logo doré de la chaîne qatarie Al-Jazira : voici les images du Golfe qui habitent le plus souvent l’imaginaire occidental.

Lecture très informative et engageante, même pour le néophyte, Monarchies et sociétés d’Arabie conjure le stéréotype d’uniformité dont fait l’objet cette région encore relativement méconnue. En analysant deux à deux les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), en les couplant en fonction de leurs caractéristiques géographiques, sociales, politiques et économiques – Arabie saoudite et Oman, Qatar et EAU, Koweït et Bahreïn – l’auteur fait très clairement ressortir les similarités et les particularités de chacun.

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Etats-Unis : la survivance par la dominance

Si l’opposition massive à la guerre en Irak, témoignée par les populations pendant l’escalade qui a abouti au conflit, a modérément influencé les décisions des gouvernements, elle a néanmoins contribué à ouvrir le débat, inévitable, sur les principes de l’interventionnisme de Washington et, plus généralement, de la politique étrangère des Etats-Unis. Le 11 septembre a inauguré une phase politique et militaire incertaine, où la seule superpuissance en lice après la fin de la Guerre froide tente de déterminer, au nom de la lutte contre le terrorisme, la direction des réformes là où elles sont tout de même nécessaires, notamment au Moyen-Orient, et de définir des pôles d’alliance et un « axe du mal ». Mais vu le précédent, dangereux car réalisé, de l’attaque lancée contre l’Irak sans l’aval du Conseil de sécurité, il est impératif, pour comprendre l’avenir des relations internationales, de connaître et d’appréhender l’évolution de la politique étrangère étasunienne.

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