Analyses
Algérie : au cœur du dialogue Nord-Sud
Tribune
Durant trois jours, du 24 au 26 février, s’est tenu à Alger une rencontre inédite sur le dialogue Nord-Sud sur la Méditerranée. En effet, pour la première fois, le Mouvement européen international (MEI) a tenu son congrès hors des frontières de l’Europe. Le symbole est riche. Organisé sous le haut patronage du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, ce congrès a permis la rencontre de plus de 400 participants en provenance des pays du pourtour méditerranéen. Le défi à relever était de taille : les deux rives sont-elles à même de définir une vision commune du futur ?
Une dizaine d’ateliers ont abordé des thématiques diverses mais fondamentales, comme les migrations, la formation et la culture. Dans un climat régional caractérisé par un sentiment de méfiance et d’incompréhension, comme l’a illustré l’affaire des caricatures du Prophète, les participants ont souligné la nécessité de sortir d’une approche conflictuelle pour développer les bases d’une relation consensuelle. Le congrès s’est terminé par la rédaction de la « Déclaration d’Alger » qui recommande la promotion d’une information contribuant au dialogue, d’une meilleure connaissance des cultures, d’une augmentation des échanges universitaires, d’une exploitation plus rationnelle et efficace des investissements, et enfin d’une véritable promotion de la démocratie. Le congrès a permis une meilleure visibilité de la société civile algérienne dont le dynamisme était éclipsé par les préoccupations sécuritaires de la décennie 90.De ce dialogue, que peut-il en sortir ? Pour le ministre des Affaires étrangères, M. Bedjaoui, le défi consiste à surmonter les « visions étroites » et les « frontières » invisibles qui séparent les deux rives : « La rive nord voit dans l’Islam de la rive sud avant tout une menace et un risque, en la caractérisant par trois données essentielles, génératrices d’ondes de déstabilisation, à savoir : le sous-développement, l’excès démographique et le déficit démocratique… Dans cette perception dévastatrice, on est loin de l’espace méditerranéen de coopération ». De ce constat, le MEI a conclu que le dialogue est nécessaire et que les opportunités de modifier ces perceptions sont nombreuses. Mais pour cela, une véritable convergence de vues doit émerger entre les deux rives. Les liens, les ponts et les réseaux sont nombreux, à l’instar des migrants. Il reste à utiliser pleinement les ressources de ces populations, sur le modèle des migrants latino aux Etats-Unis ou des diasporas chinoises.
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- Origine CERMAM
- http://www.cermam.org/fr/logs/analysis/algerie_au_cur_du_dialogue_nor/
- Publié le 28 mai 2006
