Analyses
Les musulmans et les médias
Alors que les musulmans de Grande-Bretagne et l'Islam sont plus que jamais sous les feux des médias, le Muslim Council of Britain (MCB) a organisé récemment un séminaire intitulé « Les musulmans de Grande-Bretagne : relations avec les médias ». Cette rencontre a réuni des chercheurs, ainsi que des professionnels des médias très connus, comme Graham Dudman, rédacteur en chef du tabloïd The Sun. Un certain nombre de participants, opposés au « contenu anti-islamique » de ce journal, ont critiqué Dudman. La majorité du public présent au séminaire ayant reconnu ne pas lire The Sun, le quotidien le plus vendu du pays, Dudman a déclaré que son journal n'était pas contre les musulmans, mais contre les terroristes et ceux qui prêchent la haine.
Le rédacteur politique du Daily Mirror, autre tabloïd, a indiqué que les journalistes devaient clarifier la nature et les méthodes de leur travail, afin que le public n'en vienne pas à tirer des conclusions erronées. Le professeur Greg Philo, de l'Unité médias de l'Université de Glasgow, et auteur de Bad News From Israel, a parlé de la connaissance limitée du public au sujet du conflit arabo-israélien et de l'actualité du Moyen-Orient. Parmi les orateurs, figuraient des rédacteurs de The Independent, du Times et du Sunday Times, et des reporters de la BBC. Le débat entre le public et les orateurs a mis en évidence la rancœur d'un certain nombre de musulmans à l'égard des médias occidentaux. Des journalistes de la BBC ont apporté des éclaircissements sur la politique éditoriale de leur maison ; ils ont indiqué que le mot « terroriste » était rarement utilisé dans les émissions de la BBC, et que celle-ci parlait de la Palestine comme des « territoires occupés ». Le professeur Philo a ajouté qu'il était important de préciser qui était l'occupant, car une enquête conduite par l'Unité médias avait montré que certaines personnes croyaient qu'il s'agissait d'un territoire israélien, qui serait donc occupé par les Palestiniens. « Les journalistes doivent indiquer qu'il est question du territoire palestinien occupé par les Israéliens depuis 1967, et rappeler au public que cette position internationale est libre de préjugés. »
Iqbal Sacranie, secrétaire général du MCB, a consacré son allocution à la réaction suscitée par son conflit avec l'émission Panorama. Le MCB croit que l'épisode transmis sur la BBC était « profondément injuste » et constituait « une chasse aux sorcières ». Sacranie a dit que l'organisation avait reçu des flots de lettres de soutien de la part de musulmans de Grande-Bretagne et d'un certain nombre de non-musulmans. Il a imputé aux deux parties le manque d'équité et d'objectivité du reportage. Concernant les musulmans qui vivent en Grande-Bretagne, il a dénoncé leur manque d'efforts pour « faire connaître aux autres les enseignements tolérants de l'Islam » et leur refus de « parler avec la presse. » Sacranie a ajouté que les problèmes survenaient lorsque les professionnels des médias ne connaissaient qu'une partie de la vérité.
Des personnalités religieuses et civiles étrangères ont également participé au séminaire ; parmi elles, Mohammad Amin Moussa, du Centre islamique de Singapour, à la tête d'une délégation effectuant une visite auprès d'un certain nombre de communautés musulmanes dans le monde et désireuse de connaître l'expérience du MCB. Rappelons enfin que le MCB est une organisation confédérale fondée il y a sept ans, qui regroupe environ 400 mosquées et d'autres associations islamiques.
-- Faisal Abbas
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- Origine CERMAM
- http://www.cermam.org/fr/logs/analysis/les_musulmans_et_les_medias/
- Publié le 1 janvier 2006
