Le Dossier
Coopération Suisse-Monde arabe, pour un partenariat participatif

L’Ambassadeur Walter Fust est chef de la Direction du développement et de la coopération (DDC) au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) à Berne depuis 1993. Diplômé en sciences politiques de l’Université de Saint-Gall, M. Fust a dirigé la section économique de l’ambassade suisse à Bagdad, avant de devenir le chef de l’Office suisse de l’expansion commerciale.
En quoi les pays arabes du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord présentent-ils un intérêt pour les activités de la Direction du développement et de la coopération (DDC) ? Quelle est l'urgence sur place et où se manifeste-t-elle précisément ?
Sur la base du Rapport de politique étrangère, réalisé par le Département fédéral des aAfaires étrangères (DFAE), la DDC donne la priorité aux "Territoires palestiniens", et est active au Mashrek (principalement en Jordanie, au Liban et en Syrie) et au Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) par la mise en œuvre de programmes à portée régionale.
Au Moyen-Orient, la coopération et l'aide au développement suisses semblent concentrées sur la Palestine et sur les besoins des réfugiés palestiniens : est-ce exact ? Quel est le nombre des fonctionnaires suisses sur le terrain et à quelles activités participent-ils ?
Suite aux accords d'Oslo et après décision du Conseil fédéral, la DDC a lancé en 1994 un programme dans les Territoires palestiniens, qui vise principalement à contribuer à l'établissement de la paix dans la région. Depuis 1948, la Suisse œuvre, au moyen de l'aide humanitaire, à améliorer le sort des réfugiés de Palestine et, depuis 1950, elle participe au programme UNRWA, destiné à tous les réfugiés palestiniens. En parallèle, la DDC mène depuis 2003 un programme régional au Mashreq axé sur l'appui aux processus de réforme entamés par les gouvernements (qui en ont fait la demande à la Suisse) et à diverses initiatives nationales et régionales touchant à l'environnement, notamment à la gestion des ressources naturelles. Sur place, le personnel de la DDC est peu nombreux (5 personnes au total pour les pays du Mashrek) au vu de la bonne qualité des capacités locales.
La DDC participe à un vaste réseau de programmes d'aide et collabore régulièrement avec d'autres organisations pour coordonner des opérations sur le terrain. Comment l'Agence s'insère-t-elle dans ce réseau ?
Les programmes sont mis en œuvre en partenariat direct avec les autorités et la société civile des pays partenaires, ou par le biais d'organisations multilatérales, notamment l'UNRWA, dans laquelle la Suisse tient une position de leader dans le domaine du "policy dialogue" et dans le processus de réforme mené par cette organisation.
Quels sont les programmes spécifiques de la DDC pour l'Afrique du Nord ?

Au Maghreb, en répondant positivement aux diverses demandes en matière de formation, la DDC est active dans des domaines où les bailleurs de fonds traditionnels (UE, France) sont moins présents, comme le soutien aux réformes institutionnelles étatiques et privées. L'environnement, notamment la gestion des déchets, ainsi que la préparation aux catastrophes, constituent aussi des domaines d'activité prioritaires.
Dans quelle mesure la DDC est-elle influencée par la politique, qu'elle soit suisse ou locale ? Vos efforts sont-ils parfois entravés en raison de ce facteur ?
Comme tout office fédéral, la DDC est redevable envers les citoyennes et citoyens suisses. En tant qu'organe du DFAE, elle exécute une partie de la politique étrangère de la Suisse. En outre, la Suisse jouit, dans les pays du Mashreq et du Maghreb, d'une excellente réputation, fondée sur sa neutralité, son indépendance politique, son attachement aux valeurs des droits de l'homme et du droit international humanitaire, et la confiance qu'elle inspire.
Jusqu'à quel point les programmes d'aide suisses ont-ils un impact direct sur la société locale ?
La DDC travaille par principe de manière participative et transparente, et c’est conjointement avec ses partenaires – autorités nationales et locales, société civile, secteur privé, universités, ONGs locales – qu’elle élabore les programmes et projets menés à bien. Le caractère participatif du partenariat est une condition essentielle pour toucher la population locale et assurer la viabilité des projets qui sont régulièrement évalués.
Propos receuillis pas Chiara Sulmoni
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- Origine CERMAM
- http://www.cermam.org/fr/logs/dossier/cooperation_suissemonde_arabe/
- Publié le 15 septembre 2005
