Lettre du Cermam

Portrait

Cheikh Hassan Nasrallah, combattant chiite et imam charismatique

Né en 1960 dans un faubourg très pauvre de la capitale libanaise, le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, déchaîne les passions du monde musulman. Qu'ils soient sunnites ou chiites, on retrouve les admirateurs de celui dont le patronyme signifie "victoire de Dieu" dans tous les pays où l'islam est une religion communautaire, au Proche-Orient, dans le Sud-Est asiatique, dans le subcontinent indien ou encore en Afrique. Adulé par les masses, accusé d'aventurisme par les gouvernements saoudien, égyptien et jordanien, le cheikh a su mettre en échec un ennemi à l'arsenal et aux alliés dissuasifs.

Elevé dans le quartier de Kortina, dans la banlieue de Beyrouth, par un père épicier non religieux et une mère aux traits doux mais au caractère bien trempé, le petit Hassan se découvre un amour pour la religion par le biais de ses lectures. Réfugié près de Tyr lorsque la guerre civile éclate en 1975, Nasrallah part à seize ans pour Nadjaf, en Irak, pour faire des études religieuses. Il y rencontre Abbas Moussaoui, qui devient son mentor et ami, puis repart en 1978, face à la répression croissante du régime de Saddam Hussein à l'encontre des minorités religieuses et des chiites. De retour au Liban, il réintègre le parti Amal – organisation politique et paramilitaire représentant les chiites au Liban – mais s'en éloigne en 1982 lors de l'invasion israélienne du Liban. Il aidera alors à fonder le Hezbollah, d'inspiration islamiste et proche des idées de l'ayatollah Khomeini. Il part ensuite pour Qom, mais en 1989, devant l'intensification des conflits fratricides entre Amal et Hezbollah, il revient au pays. Après l'assassinat de Moussaoui en 1992, c'est Nasrallah qui est choisi comme secrétaire général du parti.


Hassan_Nasrallah.JPGLeader charismatique du Hezbollah (lui-même remercie Allah pour l'avoir doté d'une personnalité qui lui permet d'exercer de l'influence sur ceux qui l'écoutent), Nasrallah n'appelle à la création d'un Etat islamique que sous la forme d'un idéal atteignable à long terme et que selon lui l'on ne peut forcer. Il condamne des groupes comme Al-Qaida qu'il accuse de défigurer l'islam. Pour lui, la cohabitation paisible entre Chrétiens et Musulmans au sein d'un même pays est possible. Par contre, ses discours à l'encontre de l'"entité sioniste" sont très radicaux, et appellent à son élimination.

C'est surtout le conflit israélo-libanais qui a contribué à étendre sa renommée, six ans après le retrait israélien du Liban, qui avait été accéléré par les actions de harcèlement menées son parti. Dans les deux cas, il a appliqué une tactique consistant à éviter les vagues de combats frontaux, très meurtriers – il a d'ailleurs perdu son fils Hadi lors d'un affrontement en 1997 –, au profit d'actions plus ponctuelles et précises, mais dévastatrices. Cette guerre d'usure, de basse intensité, a finalement conduit à l'évacuation du Liban en 2000. De la même manière, en 2006, il tient en échec l'armée israélienne avec sa milice. Les trente-quatre jours du conflit tournent à l'avantage du Hezbollah, certes au prix de très nombreuses victimes du côté libanais, mais avec des pertes considérées comme excessives du côté israélien.

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-- Marguerite Cornu
Assistante de Recherche stagiaire

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  • Origine CERMAM
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  • Publié le 12 décembre 2006