Portrait
Iyad Allaoui, le goût du pouvoir
Iyad Allaoui a été premier ministre irakien par intérim du 28 juin 2004 au 7 avril 2005, avant de laisser la place à Ibrahim al-Ja'afari, du parti Da'wa. Avant le transfert du pouvoir de l'Autorité provisoire de la Coalition au Conseil de gouvernement irakien, Allaoui avait occupé la charge de ministre de la Défense et, en octobre 2003, avait assumé la présidence tournante du Conseil.
Iyad Allaoui, né 1945, est membre de l'élite chiite laïque de l'opposition en exil. Après avoir adhéré au Baath, il en sort en 1975 à la suite d'un désaccord, dès le début des années 70, avec Saddam Hussein. En 1978, il échappe à une tentative d'assassinat à Londres. En 1991, avec l'appui de la CIA et du MI6, il fait partie des cofondateurs de l'Iraqi National Accord (INA, Parti de l'entente irakien), groupe d'opposition formé surtout de baathistes déçus issus des milieux militaires irakiens. L'INA est connu pour avoir fomenté un coup d'Etat militaire en Irak dans les années 90. Allaoui et l'INA sont également impliqués dans la transmission aux services secrets britanniques du tristement célèbre faux dossier, fourni par un officier irakien, sur les armes de destruction massive potentiellement détenues par le régime en place à Bagdad.

L'origine des membres de l'INA, ainsi que le réseau de contacts personnels d'Allaoui à Washington et à Londres, ont contribué à son accession au poste de premier ministre et de président du Comité de sécurité du Conseil de gouvernement. Un poste-clé qui lui a permis de se charger de l'organisation des nouvelles forces armées, de police et d'espionnage. C'est à ce titre qu'Allaoui s'est opposé fermement à une purge contre les anciens baathistes.
Iyad Allaoui a été souvent présenté par les médias comme un homme inspirant la méfiance. Aux élections de janvier 2005, son parti s'est placé en troisième position, avec seulement 14% des voix. Il est vrai qu'Allaoui ne dispose pas d'une véritable assise populaire en Irak. Si la majorité des Irakiens sont plutôt circonspects à l'égard des exilés ayant des liens politiques et financiers à l'étranger, c'est aussi parce que ce sont les chefs religieux, et leurs alliés, qui jouissent traditionnellement de la popularité. Allaoui reste, aux yeux des Irakiens, éloigné de leurs attentes et poursuivi par son passé controversé au sein du Baath. Le succès du processus démocratique en Irak dépendra de la capacité des figures politiques, non seulement à présenter un vrai projet de société pour le pays, mais aussi à gagner la confiance de tous les Irakiens convaincus qu'ils n'ont d'autre choix que de vivre ensemble.
-- Chiara Sulmoni
Assistante de recherche stagiaire au Cermam
-- Hasni Abidi
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- Origine CERMAM
- http://www.cermam.org/fr/logs/portrait/iyad_allaoui_le_gout_du_pouvoi/
- Publié le 1 janvier 2006
