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L'après Fahd - Le vrai successeur vient de Washington
«Bandar Bush» s'en est allé et a réintégré Riyad. Après avoir occupé pendant vingt-deux ans le poste d'ambassadeur d'Arabie saoudite aux Etats-Unis, le prince Bandar ben Sultan, fervent ami de la famille Bush, a quitté ses fonctions le 20 juillet dernier. Médiateur incontournable entre le royaume saoudien et Washington, il a légitimement reçu les mérites de la Maison-Blanche. L'administration américaine perd l'homme qui a su remettre sur pieds les relations bilatérales, après la période de suspicion consécutive au 11 Septembre. A l'heure de la mort du roi Fahd, le retour inattendu du prince saoudien dans son pays a engendré des interrogations sur son implication future dans le royaume.
Lassitude? Problème de santé? Certains n'y croient pas. «En quittant Washington, le prince saoudien s'ouvre une belle carrière!», lance Hasni Abidi, directeur du Centre d'étude et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam). Et pour cause. Dans la complexité de la famille royale, le «jeune» Bandar pourrait être le futur souverain de la nouvelle génération. Abdallah n'appartient en effet pas à la caste dominante des Sudairi - du nom de la mère du roi Fahd qui fut la favorite d'Abdul-Aziz -, mais à celle des Shammar.
En ce sens, le nouveau roi n'est dès lors qu'un accident de parcours, qui sera promptement rétabli par l'intronisation de Sultan (77 ans), nommé aujourd'hui prince héritier. Sultan est en effet le septième fils de Hussah bint Ahmed al-Sudairi, la favorite. Et le père de Bandar. La boucle est bouclée. De retour à Riyad, l'ex-ambassadeur se tient donc prêt à jouer un rôle de premier plan quand le moment arrivera. La disparition du vieux souverain pourrait offrir au prince Bandar une promotion à un poste ministériel. Et le trône se rapprochera. Cependant, la monarchie wahhabite qui cultive le secret, ne laisse personne pénétrer dans les arcanes du pouvoir. Tout reste du domaine des conjectures
De l'autre côté de l'Atlantique, Washington accueille un nouveau prince. L'actuel ambassadeur doit être remplacé par son oncle, Turki Al Fayçal, encore ambassadeur à Londres. Fils du roi Fayçal et frère du prince Saoud , aujourd'hui ministre des Affaires étrangères, il est connu pour avoir dirigé les services secrets saoudiens de 1977 à 2001. A ce titre, il a coordonné la mise en place du dispositif de guérilla en Afghanistan qui a permis de mettre fin à la présence soviétique. Cette opération lui a valu d'être en contact avec Oussama ben Laden, avant que ce dernier ne se retourne contre le royaume saoudien.
-- Muriel Sakkal
La Tribune de Genève | 2 août 2005
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- Publié le 2 août 2005
