Recherches en cours
Palestiniens réfugiés en Syrie : la valeur du camp I
Le problème israélo-palestinien, d’actualité depuis plus d’un demi-siècle déjà, attire généralement l’attention sur les Palestiniens de la bande de Gaza, de Cisjordanie ou encore du Liban. Il n’en reste pas moins que près de 4 millions de Palestiniens, réfugiés et descendants de réfugiés, vivent en dehors des frontières israélo-palestiniennes, répartis principalement entre la Jordanie, la Syrie et le Liban. Parmi eux, les Palestiniens qui habitent la Syrie restent les moins connus. À mesure que la Syrie s’ouvre économiquement et politiquement vers l’extérieur, les études concernant les réfugiés palestiniens dans ce pays deviennent plus nombreuses et plus précises. Ces réfugiés bénéficient en règle générale d’un traitement favorable de la part du gouvernement. Contrairement aux Palestiniens du Liban, ils ont le même statut que les citoyens syriens en ce qui concerne l’emploi, le commerce, le service militaire, l’éducation et la santé. Les seules restrictions qui leur sont imposées concernent le droit de vote et d’éligibilité, ainsi que le droit à la propriété. Ils n’ont pas non plus droit au passeport syrien.
Massivement présents en Syrie depuis 1948, les Palestiniens y reçoivent encore l’aide de l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient). Mais seuls 30% vivent encore dans des camps officiels de l’UNRWA. Les 70% restants sont concentrés autour de la capitale, principalement dans des quartiers palestiniens – nommés eux aussi camps – tels que Yarmouk ou Mukhayam Filastin (malgré tout pourvus des services de l’UNRWA). La vie des Palestiniens qui échappent à la supervision de l’UNRWA ou ne vivent pas dans ces quartiers est difficile à cerner.
Ce sont surtout les camps palestiniens officiels qui semblent intéresser les chercheurs, notamment lorsque ces derniers s’interrogent sur le rôle véritable de l’UNRWA. Les critiques extérieures accusent cet organisme de favoriser le nationalisme palestinien par l’existence même des camps, et donc de contribuer à entretenir le conflit qui déchire le Moyen-Orient. Quant aux Palestiniens, bien qu’ils soupçonnent une volonté cachée de l’office onusien de les installer dans leur pays d’accueil, ils lui sont généralement reconnaissants, d’une part pour les services qu’il leur fournit, surtout en ce qui concerne l’éducation, et d’autre part parce que l’existence même de l’UNRWA leur confère une identité. S’interroger sur le rôle de l’UNRWA amène à se pencher sur l’importance du « camp » lui-même comme élément identitaire du réfugié. Ce qui nous conduit à nous poser la question suivante : qu’est-ce qu’un camp de réfugiés ? « Les camps de réfugiés sont les lieux d’histoires plurielles, dont les constantes et les variables, les permanences et les ruptures traduisent, à des échelles et des temporalités diverses, les aléas de l’histoire palestinienne aux prises avec les enjeux nationaux, régionaux et internationaux, en même temps qu’elles expriment des niveaux d’interaction tout aussi divers, tant à l’intérieur des camps qu’avec les sociétés des pays d’accueil. »
-- Myriam Suard
Candidate au master en Développement à SOAS, Londres
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- Origine CERMAM
- http://www.cermam.org/fr/logs/research/palestiniens_refugies_en_syrie_1/
- Publié le 12 décembre 2006
