Point de vue
A Genève, une organisation suisse tente de promouvoir la "réconciliation irakienne"
Vendredi 29 juin, un certain nombre de responsables politiques irakiens se trouvaient à Genève autour du président Jalal Talabani. Etaient présents une dizaine de représentants de partis politiques ayant participé aux élections législatives, sous l'étiquette de la Liste irakienne unifiée de l'ancien premier ministre Iyad Allaoui. Tous, officiellement, sont venus assister à une réunion de l'Internationale socialiste (IS) consacrée à "la paix et (à) la stabilité dans un monde de conflits sans frontières". Mais, en marge de cette conférence, les Irakiens ont participé à des discussions informelles sur l'avenir de leur pays, organisées par une organisation moins imposante et dont les ambitions intriguent.
Voilà plus d'un an qu'Hasni Abidi, un Algérien de Genève, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam), travaille avec un Irakien, Qaïs Al-Azzawi, cadre du petit parti du Mouvement des socialistes arabes, pour organiser à Genève une conférence de réconciliation nationale irakienne. M. Abidi, qui se rend souvent en Irak, affirme avoir pu discuter avec de nombreuses forces, y compris des responsables islamistes influents comme l'"Association des oulémas musulmans" et des représentants de la "résistance irakienne non terroriste". Malgré la guerre, tous ont accepté de discuter, pourvus que le cadre soit acceptable. La Suisse aurait ainsi constitué pour eux l'endroit idéal.

Naïveté ou vanité, là ou d'autres - comme la Ligue Arabe, en 2006, au Caire - ont échoué ? Le fait est qu'en janvier, le ministre irakien des affaires étrangères, Hochiar Zébari, mentionnant le Cermam, s'est adressé à son homologue suisse, Micheline Calmy-Rey, pour qu'une réunion puisse se tenir à Genève. A Berne, le ministère des affaires étrangères reconnaît "suivre avec attention le projet du Cermam, qui demande encore à mûrir".
Mais, pour MM. Abidi et Azzawi, que la Suisse accepte ou non de jouer son rôle de "diplomatie hôtelière", la dynamique enclenchée continue, l'idée étant de dégager "une plate-forme commune sur des questions aussi délicates que le statut de Kirkouk, le pétrole ou l'avenir des forces étrangères".
Agathe Duparc
LE MONDE
30.06.07
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- Origine CERMAM
- http://www.cermam.org/fr/logs/vue/a_geneve_une_organisation_suis_1/
- Publié le 4 juillet 2007
