Point de vue
Arabie Saoudite: la guerre de succession

Sultan ben Abdel Aziz Ibn Saoud est un membre influent de la famille royale Ibn Saoud. Il est né le 5 janvier 1928 à Riyad. Fils du roi Abdel Aziz Ibn Saoud, fondateur de la dynastie et de Assa ben Ahmed Soudaïri. Le prince Sultan est ministre de la Défense et de l’Aviation du royaume depuis 1962. C’est le prince héritier prétendant du trône d’Arabie saoudite, royaume ultra conservateur, premier producteur et exportateur de pétrole au monde. Sous le règne d’Abdallah, a été activement promu le dialogue inter-religieux, en recherchant les voix modérées du Moyen-Orient et en ouvrant un canal diplomatique vers les autres nations et civilisation non-arabes. D’ailleurs, depuis 1947, la politique étrangère de l’Arabie saoudite est basée sur une alliance stratégique avec les Etats-Unis selon le principe « pétrole contre sécurité », politique qui tend à consolider le parapluie américain.
Sultan ben Abdel Aziz Ibn Saoud est un membre influent de la famille royale Ibn Saoud. Il est né le 5 janvier 1928 à Riyad. Fils du roi Abdel Aziz Ibn Saoud, fondateur de la dynastie et de Assa ben Ahmed Soudaïri. Le prince Sultan est ministre de la Défense et de l’Aviation du royaume depuis 1962. C’est le prince héritier prétendant du trône d’Arabie saoudite, royaume ultra conservateur, premier producteur et exportateur de pétrole au monde. Sous le règne d’Abdallah, a été activement promu le dialogue inter-religieux, en recherchant les voix modérées du Moyen-Orient et en ouvrant un canal diplomatique vers les autres nations et civilisation non-arabes [1]. D’ailleurs, depuis 1947, la politique étrangère de l’Arabie saoudite est basée sur une alliance stratégique avec les Etats-Unis selon le principe « pétrole contre sécurité », politique qui tend à consolider le parapluie américain [2].
Le prince héritier, s’est rendu récemment aux Etats-Unis et en Suisse pour y subir des examens médicaux alors qu’il a déjà subi une opération des intestins en 2004 dans un hôpital militaire saoudien à Djeddah. Selon Al-Islah, le principal mouvement de l’opposition saoudienne à l’étranger, « Sultan est dans un état très sérieux qui inquiète ses alliés du puissant clan Soudaïri ». Ce clan regroupe les enfants du roi fondateur d’Arabie, Abdelaziz Ben Saoud, nés de sa sixième épouse, Hissa Al-Soudaïri. Il s’agit notamment de l’ex-roi Fahd, du prince héritier Sultan, du ministre de l’Intérieur Nayef, de l’émir de Riyad Salman, et des princes Abdelrahman, Turki et Ahmad. La maladie du prince héritier semble engendrer un blocage du système politique qui relance la guerre de succession. En effet, son absence, même momentanée, du paysage politique saoudien ouvre l’appétit des prétendants à la succession [3].
L'oligarchie du royaume saoudien, est unique et sans précédent. Elle est constituée d'un petit groupe de personnes gouvernant le pays. La succession de l'Arabie Saoudite moderne a été fondée par le roi Ben Saoud en 1932. Depuis le décès de ce dernier, quatre de ses fils ont régné successivement sur le pays: Saoud, fils aîné, suivi de Fayçal en 1964, Khaled en 1975, Fahd en 1982. Ce dernier avait nommé ses six frères aux postes clés du royaume. Les deux exceptions sont le ministère des Finances et celui du Pétrole, traditionnellement confiés à des personnes n'appartenant pas à la famille royale. Dans le cas du ministère des Finances, il se peut que cet arrangement ait été décidé par l'oligarchie elle-même afin d'empêcher les princes rivaux ou la famille immédiate de contrôler les finances du royaume. Pour ce qui est du pétrole, qui est la principale source de revenus du royaume, le ministère du Pétrole est aussi dirigé par une personne extérieure à la famille royale. Du point de vue saoudien, il s'agit là d'un ministère à caractère technique, et toutes les décisions politiques concernant le niveau de l'offre, lequel influe sur la fixation du prix du pétrole, ou la position devant être prise aux réunions de l'OPEC, sont faites par le roi et son ministre. De cette manière, les sept frères détiennent toujours une grande partie du pouvoir politique [4]. A la mort du roi Fahd, c’est son demi-frère, Abdallah ben Abd al-Aziz ben Abd al-Rahman Al Saoud qui devient roi à l'âge de 82 ans et le prince Sultan ben Abd al-Aziz ben Abd al-Rahman Al Saoud, ministre de la défense, devient le premier prince héritier prétendant du trône à 77ans. Cela dit, l'âge avance du nouveau roi et de son prince héritier ouvre la voie à des questions sur l'avenir de la succession. Ainsi on peut s’imaginer que dans un avenir proche, une nouvelle génération de princes entrera en rivalité pour obtenir les postes clé du pouvoir [5].
Les candidats les mieux placés seraient le ministre de l'Intérieur, le prince Nayef ben Abdel Aziz, et le gouverneur de Ryad, le prince Salman Ben Abdel Aziz. Pour ce qui est du premier, il dirige le combat contre les partisans du réseau terroriste Al-Qaïda, à l'origine d'une vague d'attentats sanglants depuis mai 2003. En revanche, le candidat naturel des Soudaïri à la succession serait le prince Salman. Mais les autres ailes de la famille royale s’y opposent, et s’appuient sur l’opinion publique hostile aux Soudaïri pour réduire leur influence. Ce clan est en effet accusé par les Saoudiens de tous les maux, notamment de corruption à grande échelle. Les Saoudiens se souviennent des milliards de dollars détournés par les fils du Sultan, grâce aux commissions sur les ventes d’armes à l’Arabie, au début des années 90. La candidature de Salman recueille cependant le soutien de l’institution religieuse. Quoi qu’il en soit, ces deux princes sont des frères du nouveau prince héritier et devront bénéficier de son appui. Mais pour la princesse Sarah ben Talal, nièce du prince Sultan ben Abd al-Aziz "la nomination d'un frère plus jeune (lorsqu'un autre plus âgé est toujours en vie) est impossible, et si cela arrivait, ce ne serait pas un bon signe (…) Il y a une tradition bien connue au sein de la famille, selon laquelle le plus aîné et le mieux qualifié devra être en course" [6] pour le trône, a-t-elle dit en référence au prince Talal. Donc il semble que la différence d'âge favorise quatre autres princes plus âgés, y compris le prince Talal, âgé d'un peu plus de 70 ans. Toutefois les prises de position de ce dernier en faveur de la démocratie sont incompatibles avec les autres membres de la famille royale conservatrice. De plus, le prince Talal, un moment ministre des Finances, a été marginalisé par d'autres membres puissants de la famille royale et n'a pas de fonction officielle. Les trois autres princes sont Michaal, Moutaeb et Bandar ben Abdel Aziz.
Par conséquent, l'âge avancé des membres de la famille régnante et des signes de querelles jettent une ombre sur l'avenir de la succession. Cependant, le match final entre les deux clans au pouvoir devrait se jouer entre le prince Salman et le chef des Renseignements, le prince Moqrèn Ben Abdelaziz, relativement apprécié par l’opinion et proche du roi Abdallah. En effet, Moqrèn est le plus jeune fils du roi fondateur (né en 1945). Il avait fait preuve d’une bonne gouvernance quand il fut émir de Haël, puis de la Mecque. Depuis sa nomination à la tête des Renseignements en 2005, il a ouvert ce département à l’opinion publique, multiplié les rencontres avec la population et la presse, et tissé ses relations avec les pays voisins et avec les Etats-Unis, qui l’apprécient de plus en plus et se réjouissent de son accession au pouvoir. Sa désignation comme prince-héritier ouvrirait la voie au passage du trône à la deuxième génération des enfants du roi fondateur.
Veronica Pinto
Assistante de recherche
[1] http://www.elwatan.com
[2] « Moyen-Orient : A la recherche d’une stabilité » Hasni Abidi
[3] http://www.mediarabe.info
[4] http://www.tv5.org
[5] http://www.memri.org
[6] http://www.lefigaro.fr/international
Lien permanent vers cet article (permalink)
- Origine CERMAM
- http://www.cermam.org/fr/logs/vue/arabie_saoudite_la_guerre_de_s_1/
- Publié le 10 décembre 2008
