Point de vue
Du bon usage du coup d’Etat
Je n’ai jamais pensé faire un coup d’Etat au sens strict du terme, à savoir utiliser la force contre une force opposée ou contre la volonté d’un peuple. Ce qui s’est passé en Mauritanie le 3 août 2005 est très particulier, car je crois qu’il n’y avait pas un seul Mauritanien qui ne fût pas convaincu de la nécessité d’un changement. La question qui se posait était la suivante : comment faire ce changement afin qu’il ne se résume pas à une simple aventure ? Comment éviter de mettre les Mauritaniens devant la perspective d’un coup d’Etat hasardeux, risquant de conduire à une déstabilisation et à une guerre civile ? Notre pays était installé depuis des années dans une situation extrêmement douloureuse, dans un environnement régional critique et dans un contexte international tendu. Et dans cette situation, le régime politique n’évoluait pas. En fait, il n’avait pas vraiment évolué depuis l’Indépendance. À l’instar des pays voisins, nous avions à l’époque institué le parti unique et géré le pays dans cette perspective, avec les conséquences politiques, économiques et culturelles qui en découlent. Donc, unicité de la pensée, unicité de l’action, phagocytose de l’Etat par le système du parti unique. L’Etat n’existait plus. Par conséquent, la Mauritanie faisait dans la région figure d’exception en matière de démocratisation et d’alternance au pouvoir. Le changement était donc devenu indispensable.
-- Elly Mohamed ould Val
Chef de l’Etat mauritanien
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- Origine CERMAM
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- Publié le 18 mars 2006
