Point de vue
Le monde arabe face au Hezbollah, le malaise
Dans le monde arabe, l’issue de la dernière guerre du Liban a provoqué des réactions contrastées. Pour Marwa Dawdi, la rivalité religieuse et stratégique dans le Golfe arabo-persique est très forte. Ce fut une occasion, ajoute-t-elle, « de marginaliser le parti chiite et, au-delà du Liban, de porter un coup à la stratégie iranienne en Irak et au Moyen-Orient. Le fait que le Hezbollah ait pris l’initiative de l’attaque y a contribué. […] Les réactions populaires à ce qui a été perçu comme de la passivité ou même comme une complicité tacite de certains gouvernements avec l’agression israélienne ont rapidement amené un changement des positions officielles. », précise la spécialiste.
Le politologue S. Kawakibi pense que « les réactions ont put être différentes et variées quant à la forme, entre soutiens d’un côté et critiques de l’autre, mais la réaction commune et fondamentale est la suspicion, et la peur du développement d’un nouveau mode de protestation. Dans une région où la démocratie fait défaut, les régimes vivent un malaise réel. Le soutien massif de la rue arabe à l’action du Hezbollah a mis les dictateurs en difficulté. Ils ont alors essayé de se défendre, tantôt en adhérant à la logique de la résistance, tantôt en la critiquant et en coopérant étroitement avec les Américains, et indirectement avec les Israéliens, afin de réduire au maximum les « menaces ». En revanche M. Kawakibi relativise la « menace chiite » brandie par certains Etats arabes. « Parler d’un « axe chiite » et de la menace d’une « influence » iranienne dans la région par le biais de cette « victoire » n’est qu’un prétexte pour éloigner le danger de contamination protestataire contre l’ordre établi – d’une main de fer », conclut notre interlocuteur.
-- Hasni Abidi
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- Publié le 12 décembre 2006
