Lettre du Cermam

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Conférence du HCR à Genève: le monde au chevet des réfugiés irakiens

Les 17 et 18 avril 2007 s’est tenu à Genève une conférence sur l’Irak, à l’initiative du Haut commissariat des Réfugiés. Plus de soixante pays avaient envoyé un représentant pour participer à cette réunion sur la crise irakienne.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ce sont environ 50'000 personnes chaque mois qui quittent ce pays, fuyant la guerre. Désormais, l’on compte 4 millions d’Irakiens, selon les chiffres avancés par le HCR, qui ont dû laisser leur terre derrière eux et partir pour l’étranger ou se déplacer au sein de leur pays.

La Jordanie et la Syrie ont accueilli une grande part de ce flot d’exilés (certaines estimations parlent de deux millions), mais leurs limites ne sont pas loin d’être atteintes. A Genève, ces deux pays se sont dits être disposés à accompagner les flots de migrants à travers leur territoire vers d’autres frontières. En effet, le refoulement en direction de l’Irak est une solution à laquelle aucune des parties prenant part à la conférence ne souhaite aboutir.

L’Irak, par le biais de son Ministre des Affaires étrangères, Hoshiyar Zebari, a fait état de son intention de dédommager la Syrie et la Jordanie afin que ses exilés puissent avoir accès à l’éducation et aux soins minimaux. L'Irak ne veut pas que le HCR leur accorde le statut de réfugiés. Et la Jordanie et la Syrie craignent un scénario à la Palestinienne. Or, ces réfugiés ont besoin d'une pièce d'identité pour aller à l'école ou obtenir une couverture sociale.

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L’objectif affiché de cette conférence était de réunir 60 millions de dollars pour la cause des réfugiés irakiens. Le but a été atteint et dépassé, même si une telle somme est dérisoire, et ne saurait permettre une quelconque issue de crise à court terme.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne entre autres se sont engagés à recueillir un certain nombre de déplacés irakiens. Cependant, les seuls qui ont travaillé pour Londres et Washington en Irak (interprètes, assistants) seront les heureux élus mais selon certaines conditions. D’autres pays ont réaffirmé leur soutien financier (la Suisse double son apport et offre 4 millions de dollars pour aider à résoudre la crise en Irak).

Le Haut commissaire portugais, M. Guterres, a reconnu à l’issue de la conférence que l’Irak n’est pas encore suffisamment sûr pour que l’on puisse y faire retourner les populations qui l’ont quitté. Ban-Ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies, s’est exprimé par vidéo, affirmant que le conflit actuel « n’allait pas se résoudre tout seul ». Et pour le Haut commissaire, comme pour une grande partie des représentants présents, les problèmes humanitaires actuels en Irak sont « les symptômes d'une maladie dont le remède ne peut être que politique. »

Les pays arabes hésitent à contribuer financièrement aux efforts du HCR dans la prise en charge e réfugiés irakiens. Pour eux la responsabilité revient aux forces d’occupation. D’ailleurs le droit international a une position proche de cela. Lors de cette conférence, Washington et Londres ont réussi à évacuer toute politisation des conséquences désastreuses de leur intervention en Irak. En réduisant la question des réfugiés irakiens à son aspect humanitaire, la communauté internationale risque de reporter encore une fois toute discussion sérieuse sur une sortie de crise pour les Irakiens.

-- Marguerite Cornu
Assistante de recherche stagiaire

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avec swissinfo

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  • Origine CERMAM
  • http://www.cermam.org/fr/logs/zoom/conference_du_hcr_a_geneve_le_1/
  • Publié le 19 avril 2007