Lettre du Cermam

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Débat : Diversité, Intégration et Islam en Suisse

Mercredi 7 octobre, un débat organisé conjointement par le CERMAM et la fondation de l’Entre-Connaissance s’est déroulé dans leurs locaux à Genève. Des candidats représentant les principaux partis politiques se présentant aux élections cantonales étaient invités à débattre sur des thèmes concernant la diversité, l’intégration et l’Islam en Suisse. Si chaque invité s’intéresse de près à la problématique de l’intégration des musulmans en Suisse, les méthodes à employer pour y parvenir divergent d’un parti à l’autre et d’un candidat à un autre.

Première à s’exprimer sur le sujet, Mathilde Captyn, députée des verts, a déclaré que son parti est touché par cette problématique, qu’il sépare en deux volets distincts. En premier lieu, les verts défendent « une politique d’intégration des étrangers d’où qu’ils viennent ». Ce processus d’intégration passe par l’école et le bureau d’intégration, mais également à travers le droit de vote et d’éligibilité des étrangers qu’ils défendent. Puis, ils invitent à dénoncer toutes discriminations contre les étrangers. « L’étranger doit faire valoir ses droits lorsqu’il y a discrimination ». Ils soutiennent diverses associations contre le racisme dans ce but.

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Guy Mettan, député PDC, se déclare également favorable à une politique d’accueil large. « L’intégration doit s’adresser à tout le monde, surtout à ceux qui en ont le plus besoin. Chaque nouvel arrivant doit pouvoir s’intégrer ». Il souligne cependant que pour que le processus d’intégration se réalise, il y a « une responsabilité des deux côtés ». Les étrangers doivent également fournir un effort pour s’intégrer, « par exemple en apprenant le français pour ainsi vivre en harmonie ».
Thierry Charollais, du parti socialiste, décrit la Suisse comme un pays qui s’est construit sur la diversité, qu’elle soit linguistique ou religieuse. Selon lui le point de départ de l’intégration est cette notion de diversité. Ensuite c’est un processus.
Salika Wenger, candidate du parti Défense des Aînés, des Locataires, de l’Emploi et du Social, revendique un droit à l’indifférence pour les étrangers plutôt qu’un droit à la différence. L’intégration est avant tout un processus qui se fait naturellement. Elle signale également qu’il y a un problème de classe. L’intégration est différente si on est un milliardaire d’un pays du Golf ou un ouvrier sur un chantier.
Quant à Mauro Poggia, député du parti MCG, il déclare qu’une intégration passe avant tout par un travail et un logement. Il signale alors qu’il est plus facile pour un frontalier de trouver un travail dans le canton de Genève que pour une personne portant un patronyme à consonance arabe.
Ali Benouari, candidat radical pose la question de savoir qui vise l’intégration. Est-ce uniquement les migrants qui viennent d’arriver en Suisse ou toutes les catégories ? Il propose de construire une solution ensemble, qui sera le fruit d’une réflexion.
Victoria Curzon, du parti libéral, explique que l’intégration se fait individuellement à travers les contacts de tous les jours. « La vraie intégration passe par un dialogue de personne à personne ». L’école ne peut pas tout faire, la famille occupe également un rôle important. Elle ajoute cependant que la loi est la même pour tous et qu’il n’y a pas un droit spécifique pour l’intégration. « L’islam doit peut-être revoir certains aspects, tels que le statut de la femme et les mariages forcés » pour s’intégrer dans la société suisse.
Un problème de communication de la religion islamique est aussi à la base de ces problèmes d’intégration. Mauro Poggia a expliqué que « l’islam doit apprendre à communiquer » pour ainsi faire comprendre ce qu’est réellement cette religion. Frédéric Esposito, candidat socialiste, signale le risque d’amalgame après les attentats du 11 septembre 2001, de Londres et de Madrid. Ces événements meurtriers, accomplis au nom de l’islam, marquent l’opinion publique et la sensibilité de chacun. Il conseille, à l’instar de la politique mise en place en Allemagne, d’anticiper cette stigmatisation en instaurant un dialogue.
Les candidats ont ensuite répondu à différentes interrogations des Suisses de la diversité arabo-musulmane du canton. Ils souhaitent des réponses claires concernant la place de l’islam dans la société suisse, la question des minarets, ainsi que leur place dans le monde du travail. Ils ont le désir d’être simplement perçu comme tout autre citoyen de ce pays.

Eugénie Bron
Assistante de recherche

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  • Origine CERMAM
  • http://www.cermam.org/fr/logs/zoom/debat_diversite_integration_et_1/
  • Publié le 12 octobre 2009