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Hamas
Aux élections parlementaires palestiniennes de janvier 2006, le Hamas, ou Mouvement de la résistance islamique, fondé par le Cheikh Ahmed Yassine en 1987, et dont le nom figure sur la liste des organisations terroristes dans l'Union européenne et aux Etats-Unis, a triomphalement remporté 76 sièges sur 132. L'ampleur du succès a surpris jusqu'aux dirigeants du mouvement, qui s'était présenté sous la dénomination « Changement et Réforme », mais il reste que l'orientation du vote reflète une tendance de fond qui a démocratiquement amené partis, alliances et candidats islamiques au cœur de l'arène politique, suite à l'ouverture des processus électoraux dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Toutefois, le Hamas doit encore consolider sa victoire après les promesses qu'il a faites à l'occasion du scrutin, car les campagnes électorales sont utilisées habituellement pour mettre à nu les insuffisances du gouvernement sortant. Si, dans les territoires palestiniens, le Hamas peut compter sur l'efficacité de son organisation en matière d'assistance à la population pauvre et marginalisée, et s'il ne connaît pas la corruption qui afflige le Fatah, l'avis général est néanmoins que le résultat des élections révèle une volonté de punir ce dernier, plutôt qu'un soutien véritable aux principes idéologiques du mouvement islamique.
L'avenir du Hamas dépendra étroitement de son adaptation au rôle de représentant officiel des Palestiniens. Cette responsabilité impose en effet un compromis entre l'idéologie militante du mouvement et les exigences de la communauté internationale (y compris Israël), qui d'ailleurs constitue le principal bailleur de fonds pour les dépenses de fonctionnement de l'Autorité palestinienne et les besoins de la population. Si l'arrêt des violences peut être assuré, à court terme du moins, par un cessez-le-feu, la reconnaissance de l'Etat d'Israël et la conclusion d'un accord de paix sont contraires aux principes inscrits depuis 1988 dans la Charte de fondation du Hamas.
D'autre part, les conséquences économiques et logistiques immédiates d'une impasse politique pourraient éroder le soutien populaire dont jouit le Hamas et déstabiliser encore davantage une situation qui frise l'anarchie, surtout à cause du conflit entre les factions du Fatah, qui contrôle l'appareil sécuritaire de l'Autorité palestinienne, et le Hamas. La déclaration de Khaled Mashaal sur la création d'une nouvelle armée comprenant toutes les factions palestiniennes, est arrivée au mauvais moment, tout en révélant les limites des possibilités de collaboration, soulignées par l'intention du Fatah de passer à l'opposition. Par ailleurs, si le Hamas a déjà dû faire preuve d'un certain pragmatisme dans les municipalités dont il a pris la direction en 2005, il semble plutôt intéressé, à l'heure de former un gouvernement, par des ministères intérieurs qui lui permettraient de bénéficier de son expérience de proximité avec la population. Mais dans ce cas, les efforts d'islamisation de la société, qui répondent à l'objectif d'établir un Etat islamique en Palestine et qui renforceraient encore la position politique du mouvement, pourraient créer des tensions avec les partis et les Palestiniens laïques et chrétiens
- - Hasni Abidi
Chiara Sulmoni
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- Origine CERMAM
- http://www.cermam.org/fr/logs/zoom/hamas/
- Publié le 26 mai 2006
