Lettre du Cermam

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Le Centre Nord-Sud du Conseil de l'Europe

À la recherche de la démocratie arabe

Les 23 et 24 septembre s'est déroulée à Marrakech une conférence organisée par le Centre Nord-Sud du Conseil de l'Europe, sur le thème « Démocratie et citoyenneté dans les pays du Sud de la Méditerranée ». Cette conférence s'inscrivait dans les objectifs du Centre et a bénéficié de sa structure quadripartite (réunion de quatre partenaires issus aussi bien d'institutions politiques que de la société civile : gouvernements, parlements, collectivités territoriales et ONG). Avec des participants venus de plus de 15 pays, la diversité des opinions, des témoignages et des analyses d'universitaires a permis d'offrir un panorama intéressant des problématiques liées à la démocratie dans les pays du Sud.

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Si l'ensemble des participants s'est entendu sur la nécessité de la démocratie, les moyens de sa mise en œuvre n'ont pas fait l'unanimité.

Une fois encore, le rôle des Etats-Unis et de l'Union européenne, perçus par certains comme les porte-drapeaux d'un Occident capitaliste et colonisateur, a suscité des polémiques. Leur façon d'agir pour la démocratie semble viser à la stabilité régionale plutôt qu'à une réforme de fond, et cette attitude pragmatique n'inspire pas confiance. Malgré tout, il est légitime de s'interroger sur l'opportunité de laisser de côté ces considérations et de saisir l'offre faite aux pays arabes d'une aide en faveur de la démocratie, aide qui n'a jamais été aussi forte.

L'intégration des groupes islamistes dans les différents processus démocratiques est un thème qui, lui aussi, a fait l'objet d'oppositions. La logique de l'analyste académique s'exprime en faveur de ces groupes. Nombreuses en sont les raisons : d'abord, les mouvements islamistes sont représentatifs de la société ; ensuite, tous les groupes ne sont pas forcément radicaux, et les accepter permettrait d'éviter des frustrations qui ne pourraient plus s'exprimer que par la violence ; enfin, leur intégration pourrait les amener à la modération et à un changement d'attitude.

Les arguments contraires ne manquent pas. Il suffit de dire qu'un groupe ne peut être assimilé à un système auquel il ne croit pas. Ou encore d'évoquer le risque d'une prise de pouvoir par ces mêmes groupes, ce qui signifierait peut-être la fin du processus démocratique. La crainte en est si forte que beaucoup se disent prêts à faire cesser un processus qui les intégrerait, afin de sauver les chances de survie de la démocratie dans le pays concerné : en somme, stopper la démocratie pour la sauver d'elle-même.

Telle a été, entre autres, la teneur des débats qui ont eu lieu à Marrakech. Du reste, le Centre Nord-Sud n'est pas uniquement un forum : il vise aussi à un suivi du dialogue en vue d'actions constructives. Il s'est prononcé, à la clôture de la conférence, en faveur de la création d'une plate-forme de rencontres, de dialogues et d'interactions régulières. Il se donne ainsi les moyens de devenir une force d'influence en faveur de la démocratie, sur les différents acteurs potentiels des pays sud-méditerranéens. Un projet humaniste que le CERMAM soutient pleinement.

-- Myriam Suard
Département d'Arabe de l'Université de Genève
Assistante de recherche stagiaire au CERMAM

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  • Origine CERMAM
  • http://www.cermam.org/fr/logs/zoom/le_centre_nordsud_du_conseil_d/
  • Publié le 1 octobre 2005