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Les nouveaux acteurs politiques sunnites en Irak
S'appuyant sur l'idéologie du parti Baas, le régime de Saddam Hussein fit régner en Irak, entre 1968 et 2003, un nationalisme exacerbé. Ce parti, laïc, accentuait peu la dimension religieuse au sein de l'Etat, de même que les divergences ethniques et confessionnelles étaient atténuées, voire interdites de s'exprimer. Quant aux autres partis politiques, dans cette configuration monopolistique du pouvoir, ils étaient considérés comme illégaux et n'avaient guère de chances de se faire entendre. Il fallut que Saddam soit chassé du pouvoir, en avril 2003, avec le vide politique qui s'ensuivit, pour que le pays se transforme en un terrain d'affrontement de clans et de confessions.
Arabe et sunnite, l'ancien dictateur irakien avait toujours favorisé les membres de sa communauté, au détriment des Chiites et des Kurdes en particulier. À sa chute, les Arabes sunnites se sont trouvés marginalisés et relégués au second plan, au profit des autres communautés. Les sunnites, modérés et radicaux, ont alors refusé, dans leur majorité, de participer aux élections du 30 janvier 2005. Ne pouvant plus s'en tenir à l'écart, ils ont néanmoins été contraints de se rallier au processus politique, dans lequel le ton est donné par les deux autres communautés, majoritaires dans les institutions politiques de l'Irak d'aujourd'hui.

La communauté sunnite souffre actuellement d'un handicap majeur : elle manque encore d'une autorité politique représentative, d'où sa marge de manœuvre limitée. Son discours s'oriente plutôt vers une défense de son identité face à un chiisme triomphant. Aujourd'hui, elle est principalement représentée par l'Association des Oulémas irakiens et le Parti islamique irakien, situé dans la mouvance des Frères musulmans.
Le Comité des Oulémas irakiens, principale organisation religieuse sunnite, revendique des objectifs associatifs et caritatifs mais aspire aussi à détenir un pouvoir politique au sein de la communauté sunnite d'Irak. La nature des relations qu'entretiennent les Oulémas irakiens avec l'insurrection est quelque peu ambiguë. Leur attitude consiste en une juxtaposition d'idées qui, dans bien des cas, tendent à justifier l'insurrection. Quoi qu'il en soit, l'influence du Comité des Oulémas reste indéniable sur la communauté dont il est issu.
L'autre grande force sunnite islamique du pays, le Parti islamique irakien, est la plus importante en tant que parti politique. Interdit sous Saddam Hussein, ce parti compte désormais cinq membres au gouvernement, dont l'actuel Vice-président irakien, Tarek Al-Hachemi. Ses objectifs principaux sont communs à ceux du Comité des Oulémas, à savoir l'instauration pacifique de l'indépendance de l'Irak, la promotion des valeurs islamiques dans la société et la préservation de l'unité nationale du pays. Contrairement au Comité des Oulémas, le Parti islamique irakien a pris part au processus politique, son représentant Moshen Abdul Hamid ayant participé la présidence tournante du Conseil intérimaire de gouvernement. À la fin 2005, son ralliement au Front de la Concorde sunnite, lui a permis de gagner 44 sièges au Parlement et de devenir ainsi la principale force sunnite représentée dans la sphère politique irakienne.
-- Yasmine Chikhi
Candidate au Master en Science Politique à l'Université d'Aix en Provence
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- Origine CERMAM
- http://www.cermam.org/fr/logs/zoom/les_nouveaux_acteurs_politique/
- Publié le 13 mars 2007
